Architecture : l’hôtel de la Marine s’ouvre à la lumière

La verrière que doit réaliser l’architecte britannique Hugh Dutton sera le symbole de la métamorphose de l’ancien Garde-Meuble de la couronne.

Par Jean-Jacques Larrochelle Gesendet heute bei 10h05, aktualisiert bei 10h09

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Vue d’artiste de la future verrière de l’hôtel de la Marine conçue par Hugh Dutton. Hugh Dutton Associés

C’est l’histoire d’un monument réputé secret qui va s’ouvrir au monde. Fleuron architectural du XVIIIe siècle à la lisière de la Place de la Concorde (Paris 8e), l’hôtel de la Marine, qui abritait le haut commandement du même nom, parti en 2015 rejoindre l’« Hexagone Balard » qui regroupe dans le 15e arrondissement les services de Défense nationale, va connaître une mutation d’ampleur. Symbole de cette métamorphose : une verrière de 300 m2 qui doit coiffer l’ancienne cour de l’Intendant, l’un des deux quadrilatères autour desquels s’articule l’édifice classé monument historique en 1923. Entre les rues Royale et Saint-Florentin, l’endroit dessinera l’un des futurs passages publics accessibles au piéton parisien déambulant dans ce périmètre de prestige.

Après le départ de l’état-major de la marine, suivi de quelques péripéties politico-culturelles (le Louvre avait été pressenti pour en hériter), la gestion de l’ancien Garde-Meuble de la couronne, réalisé entre 1757 et 1774 par Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), premier architecte du roi Louis XV, a été confiée au Centre des monuments nationaux (CMN), principal opérateur public, culturel et touristique de France. Le chantier en cours doit s’achever au printemps 2020. Le site devrait abriter des bureaux, une librairie, des boutiques, un restaurant et un salon de thé, mais également le siège de la fondation pour la mémoire de l’esclavage, ainsi qu’une concession, pour vingt ans, réservée à la présentation de la riche collection Al-Thani, du nom de la famille régnante au Qatar.

« Comme un bijou »

« Nous avons conçu et rêvé ce projet comme un lieu d’excellence, ce qu’il était déjà au XVIIIe siècleexplique la directrice générale adjointe du CMN, Maryline Guiry Droz. On ne pouvait pas se contenter d’une restauration médiocre. » Bénéficiant d’un partenariat avec les fondations Vélux, déjà impliquées dans la restauration des vitrages du couvent de la Tourette réalisé par Le Corbusier ou de celle des vitraux de la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité, le projet, cette fois-ci, implique l’introduction d’un élément contemporain dans un contexte patrimonial. De même que les lieux abritaient jadis les joyaux de la couronne, « la verrière a été imaginée comme un bijou »précise le CMN.

Le projet conçu par l’architecte britannique Hugh Dutton, associé à l’architecte des monuments historiques Christophe Bottineau, relève en effet de l’excellence constructive. Et il est aisé d’imaginer, tel que l’affirment ses auteurs, que les longues facettes radiantes de ladite verrière empruntent leur dessin à la taille des pierres précieuses. Le fameux diamant Régent, volé à l’hôtel de la Marine en 1792 puis retrouvé peu après dans les bas-fonds de Paris, pourrait légitimement en revendiquer la paternité.

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