Bouteflikas Rückzug von den Präsidentschaftswahlen hat die Mobilisierung in Algerien nicht geändert

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INTERNATIONAL – Le retrait de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour la prochaine élection présidentielle n’aura pas suffi à calmer la mobilisation populaire en Algérie. Ce 15 mars, premier vendredi depuis l’annonce des autorités, les Algériens sont très massivement descendus dans la rue , principalement à Alger, pour protester contre la prolongation sine die de son mandat par le président , au-delà du terme prévu.

Il s’agit du 4e vendredi consécutif de contestation nationale contre le chef de l’Etat qui a annoncé lundi le report de l’élection présidentielle prévue le 18 avril. A Alger, le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres. Mais la mobilisation est au moins similaire à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

Oran, Constantine et Annaba, les 2e, 3e et 4e villes du pays sont également le théâtre de mobilisations très importantes, selon des journalistes de médias locaux sur place. Les Algériens ont aussi manifesté dans d’autres cités, selon des images relayées par les réseaux sociaux.

A Alger, hommes, femmes et enfants ont arpenté dans une ambiance festive, avenues et rues autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du cœur de la capitale. Le carrefour est noir de monde, comme les rues qui y mènent, la foule se concentrant sur plus de deux kilomètres sur une large artère qui y débouche, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Sur les hauteurs, alors qu’un cortège rebroussait pacifiquement chemin face à un cordon bloquant un axe menant à la présidence de la République, une centaine de jeunes ont lancé des pierres sur les policiers qui les ont repoussés. Les heurts ont duré une trentaine de minutes et fait des blessés. D’une façon générale, le cortège est généralement pacifique conformément au mot d’ordre de la contestation, un mouvement jamais vu depuis l’élection d’Abdelaziz Bouteflika il y a 20 ans.

“On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections”

Agé de 82 ans, le président Bouteflika est affaibli par les séquelles d’un AVC qui l’empêchent de s’adresser aux Algériens depuis 2013 et rendent ses apparitions publiques rares.

La contestation a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l’Etat de briguer un 5e mandat. Face aux manifestations réclamant qu’il renonce à sa candidature, il a repoussé la présidentielle jusqu’à l’issue d’une Conférence nationale devant réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Cette annonce prolonge de facto son mandat, au-delà de son expiration le 28 avril. La date de la Conférence n’a pas été précisée.

Comme les semaines précédentes, le drapeau national -vert et blanc, frappé du croissant et de l’étoile rouges- est brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.

De nombreux manifestants venus de province ont expliqué à l’AFP avoir passé la nuit à Alger chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale vendredi en raison de barrages ou en l’absence de transports publics.

“Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter”, indiquent des pancartes de manifestants, en réponse aux efforts déployés par le pouvoir pour tenter de convaincre que le chef de l’Etat avait répondu à la colère des Algériens. “On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections”, peut-on lire sur une pancarte à Alger. “Quand on dit ‘non au 5e mandat’, il nous dit ‘on garde le 4e, alors'”, indique une autre.

Toute la semaine, les appels à manifester massivement pour un 4e vendredi consécutif ont été relayés par les réseaux sociaux, avec des mots-dièses explicites: “#Ils_partiront_tous”, “#Partez!”. Et souvent une touche d’humour: une image conjugue le mois de mars sur le modèle du verbe “marcher”: “je marche, tu marches (…) ils partent”.

Macron et la France pointés du doigt

Lors d’une conférence de presse jeudi, le nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui, qui a remplacé le très impopulaire Ahmed Ouyahia, et le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, diplomate chevronné, ont peiné à convaincre. Et au lieu d’apaiser la contestation, ils semblent au contraire la renforcer.

“Dégagez!”, titre en une l’édition week-end du quotidien francophone El Watan qui reprend un slogan de la contestation. Noureddine Bedoui a “esquivé les vraies questions”, estime-t-il. Sur Twitter, un internaute remercie ironiquement le premier ministre et son vice-premier ministre de leurs “efforts pour maintenir les Algériens mobilisés”. Vendredi “c’est la conférence de presse du peuple”, avertit un autre.

Une nouveauté: de nombreuses pancartes à Alger fustigent la France, ancienne puissance coloniale, et son président Emmanuel Macron, qui a “salué la décision du président Bouteflika”, tout en appelant à une “transition d’une durée raisonnable”. “C’est le peuple qui choisit, pas la France”, proclame une grande banderole. “L’Elysée, stop! On est en 2019, pas en 1830”, date de la conquête de l’Algérie par la France, rappelle une pancarte.

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Dieser Artikel erschien zuerst auf https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/15/en-algerie-le-retrait-de-bouteflika-de-la-presidentielle-na-rien-change-a-la-mobilisation_a_23693393/